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Rouge sur blanc

Que doit-on penser de l’annulation des spectacles Slàv et Kanata du metteur en scène québécois Robert Lepage, un blanc faut-il le rappeler. Les opinions divergent. Personnellement, je crois qu’il faut retenir notre souffle. Ne pas se prêtrer trop rapidement à des jugements portant sur la couleur de la peau. Nous avons un sérieux problème de liberté de création à régler.

Si les deux pièces de Lepage sont considérées par les Autochtones comme des créations qui portent atteinte au respect de la race, il est bien évident que la réaction des Autochtones portent atteinte à une expression artistique libre qui est adressée à un des metteurs en scène les plus prolifiques sur la planète et, très étonnamment, vous en conviendrez, c’est un Québécois, un membre d’un peuple qui n’est même pas inscrit dans la constitution canadienne. Toute cette affaire tourne autour de deux minorités dans l’immensité nord-américaine.

J’ai suivi cette affaire depuis le tout début. Si elle a suscité la curiosité des médias, il ne semble pas qu’elle ait atteint l’attention d’un grand nombre de gens. Les protestataires qui se sont rendus à la première de Slàv il y a deux semaines à Montréal sont très silencieux depuis. De brefs commentaires par les tenants de l’annulation, tout au plus. Les figures dominantes du peuple autochtone du Québec et du Canada ont été presque silencieuses. Petit à petit, l’objection s’adoucit et prend la forme de la nécessité d’un dialogue entre des personnes de peuples différents. La différence fait toute la différence pour utiliser un pléonasme.

Étant un auteur, un metteur en scène et un comédien de théâtre, (amateur, j’en conviens) je dois dire, en tout respect pour mes amis autochtones, surtout ceux de Kitigan Zibi Anishinabeg, que Slàv met en scène des personnages campés par l’auteur qui, sur scène, communiquent le texte aux spectateurs avec le jeu de scène qui suit la parole. En langage théâtral, le comédien est la courroie de transmission du personnage, peut importe la couleur de sa peau. Et oui, la couleur de la peau s’interprète. Sinon, il ne saurait y avoir de théâtre.

Si je chante du Kashtin, ou du Buffy Sainte-Marie, va-t-on me traiter de raciste ? Si je me permets d’imiter Louis Armstrong dans son interprétation de «What a wonderful world», va-t-on affirmer que je vis dans la peau d’un autre ?

Au premier coup d’œil, je crois que la machine à sensations s’est emballée trop rapidement. Protester contre quelque chose qu’on n’a pas vu est pour le moins surprenant. Comme le disait le père des humoristes québécois, Yvon Deschamps : «moé, j’veux pas l’sawoère, j’veux l’woère !»

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Jean Lacaille

Jean Lacaille

Journaliste couvrant l'actualité dans la Vallée-de-la-Gatineau depuis près de 40 ans

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